mercredi 18 février 2015

Les collégiens de Saint Joseph en partance pour les USA


L’Ensemble Scolaire Saint-Jacques de Compostelle puise dans l’énergie de ses fondatrices celle d’oser son avenir

« La science de ton passé est ton passeport pour l’avenir »             
Christine de Suède

            XVIIe, Le Puy en Velay : trois femmes, qui se retrouvent régulièrement dans une petite cuisine située au 10 de la rue Montferrand, expriment ouvertement leur désir de soulager la misère qu’elles côtoient en se consacrant à Dieu tout en restant dans le monde !  Scandale : la vie religieuse pour les femmes ne se conçoit, à l’époque, que dans un cloître ! Elles ne cèdent pas ; leur audace choque beaucoup leur entourage ainsi que les autorités ecclésiales.  Bravant l’opinion publique, elles tiennent bon et bénéficient bientôt de l’appui du Père Médaille, jésuite. Il obtiendra le soutien de Monseigneur Maupas, évêque du Puy. Les « pionnières de la rue Montferrand » voient leur congrégation officialisée le 15 octobre 1650, elles lui donneront le nom de Saint Joseph.
            Elles attirent de plus en plus de jeunes femmes, vivent très simplement en petites communautés ; fortes de l’appel christique à servir d’abord les plus souffrants, elles soignent les malades, visitent les prisonniers et comprennent très vite que l’arme la plus efficace contre la misère, c’est l’école. Notamment pour les filles qui étaient alors très peu nombreuses à accéder à la lecture. Elles accueillent donc les filles à qui elles proposent instruction et éducation. Suivent plus de cent ans d’expansion et de dissémination dans toute l’Auvergne.
            1790 : en pleine tourmente révolutionnaire, elles ne céderont pas à la Terreur. Clandestinement, elles continuent d’enseigner malgré la douleur de voir certaines sœurs guillotinées, d’autres incarcérées.
            Ce n’est qu’en 1815 qu’elles récupèrent leur maison de la rue Montferrand. Leurs petites communautés se regroupent alors en congrégations, par diocèse. Elles essaiment au-delà du Massif Central. Et c’est alors que, fidèles à leur mission de répondre à « toutes les misères corporelles et spirituelles » de leur temps, elles se tournent vers le Nouveau Monde.
            Cela fait maintenant près de deux siècles qu’elles y déploient une énergie sans pareille pour enseigner comment « avancer libre face à la réussite et à l’échec » sur la voie de son accomplissement.  Les High Schools qu’elles y dirigent jouissent d’une réputation de qualité qui ouvre à leurs bachelières l’accès  aux campus les plus prestigieux. Et pourtant elles accueillent des jeunes de milieux extrêmement diversifiés et leur expérience du multiculturalisme  peut aujourd’hui nous être très précieuse, en France. Leur pédagogie s’appuie sur la nécessité d’ouvrir les intelligences et les cœurs au devoir de considérer le prochain comme un allié dans tout ce qu’il peut proposer de différent. Leurs Projets  Educatifs  insistent sur l’engagement citoyen non optionnel en réponse aux besoins de la communauté locale et plus globalement du monde, dans un esprit de réconciliation et d’unité. 

              Depuis plus d'un an, des liens ont été tissés avec plusieurs High Schools  américaines sous tutelle St Joseph. Ainsi, nous sommes sur le point d’emmener un groupe de 3ème  en Pennsylvanie pour la Semaine Sainte : première pierre d’un échange qui veut se pérenniser entre Le Puy et Philadelphie. Nos collégiens passeront donc 10 jours à la Mount St Joseph Academy à Flourtown.

Nous nous préparons aussi à accueillir, au mois de Mai, des étudiants de la St Joseph's Academy de Bâton Rouge, en Louisiane.


Un nouvel échange s'envisage avec un établissement St Joseph de Porto Rico, territoire non incorporé des Etats-Unis. Nos élèves étudiant l'espagnol seront les premiers concernés par cet échange. 


  Intrépides missionnaires des campagnes auvergnates comme des contrées inconnues d’un Nouveau Monde encore à ses balbutiements au XIXe, aujourd’hui actives sur tous les continents,  les sœurs de Saint-Joseph trouvent aujourd’hui dans la communauté éducative de l’ensemble scolaire Saint-Jacques de Compostelle - à qui elles ont confié leur « berceau » -  de nouveaux  pionniers fidèles à l’esprit des origines, tournés vers l’avenir dont ils se veulent des bâtisseurs audacieux, combatifs, « zélés et néanmoins réalistes », voués aux jeunes qu’ils accueillent pour les aider, tous, selon l’exhortation du Père Médaille, « à grandir en amour et en liberté ».